Marc Affolter, hydrogéologue cantonal.
Marc Affolter, hydrogéologue cantonal, à la source du Montant, exploitée par l’association intercommunale Arzier-Le Muids, Genolier et Gland. «Nous devons parfois jouer les gorilles. Mais la plupart du temps, tout le monde comprend évidemment les enjeux liés à la protection de l’eau». Photo | BIC (FA)
Métier

Eaux petits soins

Créé en 1978, le poste d’hydrogéologue cantonal vise à protéger les eaux souterraines qui constituent 70% de l’eau potable consommée dans les communes vaudoises.

Marc Affolter, hydrogéologue cantonal, à la source du Montant, exploitée par l’association intercommunale Arzier-Le Muids, Genolier et Gland. «Nous devons parfois jouer les gorilles. Mais la plupart du temps, tout le monde comprend évidemment les enjeux liés à la protection de l’eau». Photo | BIC (FA)
3 minutes de lecturePublié le 26 Jun 2020

Répartis sur l’entier du canton, 2500 captages distribuent l’eau potable que les Vaudois et les Vaudoises consomment au quotidien. Par un procédé naturel de filtration, 60% des eaux souterraines utilisées parviennent ainsi à la population sans intervention humaine.

Pour s’assurer de la bonne marche de ce complexe système naturel, une équipe d’hydrogéologues veille au grain afin que les captages ne pâtissent pas de l’activité humaine. Au niveau du Canton, il s’agit donc bien d’assurer la protection de cette ressource essentielle à la vie. «Nous devons en effet parfois jouer les gorilles. Mais la plupart du temps, tout le monde comprend évidemment les enjeux liés à la protection de l’eau», explique l’hydrogéologue cantonal Marc Affolter.

Protéger oui, mais gérer aussi

Ce professionnel n’a rien à voir avec l’image d’Épinal, style spéléologue ou muni d’une baguette de sourcier. Il s’agit d’une mission de haute surveillance, d’application des lois, mais aussi de conseil auprès des communes. Pour cela, il compte notamment sur un arsenal législatif appliqué avec soin. À commencer par la loi fédérale sur la protection des eaux (1991) et son ordonnance d’application (1998). En somme, il s’agit pour partie de mettre en place des outils qui contribuent à ce que les eaux souterraines arrivent jusqu’aux captages sans altération par l’homme et ses activités. Raison pour laquelle sont établies des zones de protection. Mais pas seulement.

«L’autre grande partie de notre travail reste évidemment tout l’aspect de la gestion. Les eaux souterraines ne sont pas seulement utilisées pour la consommation, mais aussi par exemple pour la production de chaleur ou le thermalisme », précise Marc Affolter. En plus donc de s’assurer la compréhension du système des eaux souterraines, composante fondamentale du cycle de l’eau, l’hydrogéologue cantonal s’affaire à la protection de l’eau en tant que ressource. «Nous veillons notamment à ce que les nappes ne soient pas surexploitées en délivrant des autorisations de forages ou en octroyant des concessions sur les puits qui utilisent des eaux souterraines».

«L’autre grande partie de notre travail reste évidemment tout l’aspect de la gestion. Les eaux souterraines ne sont pas seulement utilisées pour la consommation, mais aussi par exemple pour la production de chaleur ou le thermalisme »

Marc AffolterHydrogéologue cantonal

Système complexe, le cycle de l’eau conduit tout naturellement l’hydrogéologue cantonal à entretenir des contacts étroits et fréquents avec d’autres services cantonaux spécialisés. Ne serait-ce que pour assurer sa mission de protection. «La pression est de plus en plus forte dans les zones de protection. Les particuliers ont envie de construire et les enjeux concernant les activités humaines, le sous-sol et les eaux souterraines, sont de plus en plus grands. Mais nous entretenons de très bons rapports avec nos interlocuteurs. Il faut parfois rappeler les règles pour celles et ceux qui auraient tendance à les oublier. Mais c’est humain. Nous oublions vite ce que nous n’avons pas sous les yeux. C’est le cas des eaux souterraines. Quand nous prenons le temps de rappeler les enjeux autour de cette ressource, le message passe toujours bien. Au final, personne ne souhaite polluer ou se retrouver sans eau.» (DT)

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