Six femmes du comité posent à l'extérieur lors de la soirée d'anniversaire de l'association
Le comité de l'AFCA. De gauche à droite: Alexa Wiskott, Sophie Noirjean, Sandra Weber, Amélie de Flaugergues, Céline Gandar et Amélie Orthlieb. Manque sur la photo: Emmanuelle Seingre. Photo | MC
Admin. cantonale

Vingt ans de réseau au féminin

Créée le 14 juin 2006, l'Association Femmes et Carrière dans l'Administration (AFCA) a soufflé ses vingt bougies. Retour sur deux décennies d’engagement en faveur de la visibilité, du développement professionnel et de la mise en réseau des femmes de l’administration cantonale.

Le comité de l'AFCA. De gauche à droite: Alexa Wiskott, Sophie Noirjean, Sandra Weber, Amélie de Flaugergues, Céline Gandar et Amélie Orthlieb. Manque sur la photo: Emmanuelle Seingre. Photo | MC
4 minutes de lecturePublié le 25 juin 2026

L'AFCA voit le jour dans un contexte de très faible présence féminine aux postes de cadres supérieurs au sein de l'administration cantonale. La première présidente de l'association, Sylvie Durrer, était à la tête du Bureau cantonal de l'égalité entre les femmes et les hommes en 2006. Pour elle, la création de l'AFCA était une nécessité: «On n'avait pas besoin de statistiques pour voir que les femmes étaient peu représentées dans les postes supérieurs. Un simple coup d’œil dans une salle de réunion pour se demander: "mais elles sont où?"» Pourtant, rien ne pouvait justifier une si faible présence: «Il suffisait qu'on discute d'une thématique pour voir des femmes qui étaient là, prêtes à prendre des responsabilités, des femmes qui avaient des compétences, se souvient Sylvie Durrer. Il fallait les faire émerger.» 

Sylvie Durrer fait un discours lors de la soirée d'anniversaire de l'AFCASylvie Durrer, première présidente de l'AFCA:«Les femmes se parlaient assez peu et elles n'avaient pas de structures qui permettaient cette émergence de la parole.» Photo | MC

Rompre l'isolement des femmes cadres 

Par ailleurs, cette faible représentation pouvait également favoriser un sentiment d'isolement parmi les cadres supérieurs. «Les femmes se parlaient assez peu et elles n'avaient pas de structures qui permettaient cette émergence de la parole», regrette Sylvie Durrer. Ce constat motive alors 23 femmes issues de différents services, mais fédérées autour d'une volonté commune, à fonder une structure officielle. Leur but? Promouvoir durablement l'accession des femmes aux fonctions supérieures de l'administration et enfin rompre cet isolement. Vingt ans plus tard, l'association compte plus de 150 membres et la part des femmes dans les échelons supérieurs de la hiérarchie a progressé. Difficile de mesurer précisément l’impact de l’AFCA sur cette évolution. Une chose est toutefois certaine: l’association a accompagné ces transformations en offrant aux femmes de l’administration un espace d’échange, de réflexion et de soutien. Elle s’est d’ailleurs depuis élargie aux membres associées, soit aux employées d’autres administrations sises dans le canton et aux membres d’exécutifs communaux qui exercent ou envisagent d’exercer une fonction supérieure, dirigeante ou stratégique, ainsi qu’aux membres ayant quitté l’administration cantonale.

Réseau, connaissances et confiance: la recette de l'AFCA 

Au fil des années, l’AFCA s’est imposée comme un espace de rencontres, d’échanges et de développement professionnel. Son activité principale repose sur l’organisation de réunions périodiques, qui réunissent ses membres autour de personnalités issues d’horizons variés. Membres du Conseil d’État, cadres de l’administration, chercheuses et chercheurs, entrepreneures, artistes ou encore spécialistes des questions d’égalité sont ainsi venus partager leur expérience avec les membres de l’association. En vingt ans, l’AFCA a organisé 128 réunions périodiques, offrant autant d’occasions de découvrir de nouveaux parcours, d’élargir son réseau et d’approfondir ses connaissances. 

Ces rencontres permettent également de mieux comprendre le fonctionnement d’une administration comptant plusieurs milliers de collaboratrices et collaborateurs. Présentation d’un service, d’un projet transversal ou d’une nouvelle stratégie de l’État: autant de thématiques qui favorisent les échanges entre des personnes qui ne se seraient parfois jamais croisées dans le cadre de leur activité professionnelle. «L’AFCA est facilitatrice dans les contacts et les échanges entre les personnes de l’administration», résume sa co-présidente Amélie de Flaugergues. La vice-présidente de l’association, Sophie Noirjean, confirme: «Il m’arrive de retrouver dans mon activité professionnelle des personnes que j’ai rencontrées à l’AFCA. Ça facilite grandement les échanges.»

La co-présidente et la vice-présidente posent à l'extérieur lors de la soirée d'anniversaire de l'associationAmélie de Flaugergues, la co-présidente de l'AFCA, et Sophie Noirjean, la vice-présidente, ont réuni les membres de l'association pour une soirée d'anniversaire qui a fait sensation. Photo | MC

Transmettre des connaissances pour mieux se positionner

L’association organise des ateliers destinés à répondre aux besoins de ses membres. «On donne des outils très concrets», souligne Amélie de Flaugergues. Prise de parole en public, défense verbale face à des remarques déplacées ou encore visibilité professionnelle sur LinkedIn: ces initiatives visent à renforcer les compétences et la confiance des participantes en elles-mêmes. Que ce soit à travers des échanges informels, des ateliers ou des conférences, les connaissances acquises et partagées au sein de l’AFCA permettent aux membres d’avoir un discours construit et étayé sur les questions de genre et d’inégalités. Pour le comité de l’AFCA, la transmission d’outils d’analyse et de décryptage de phénomènes problématiques pour l’égalité entre les femmes et les hommes est un enjeu central.

Au-delà des activités elles-mêmes, l’AFCA se veut avant tout un lieu de développement et d’affirmation de soi. Sylvie Durrer se souvient notamment d’une collaboratrice découragée après plusieurs candidatures infructueuses à des postes à responsabilité. Quelques échanges et un simple encouragement à persévérer lui ont finalement permis de retrouver confiance et de postuler à nouveau. Elle a obtenu le poste convoité. Une anecdote qui illustre, à elle seule, ce que peut apporter un réseau: des conseils, du soutien, mais aussi parfois le petit coup de pouce nécessaire pour oser franchir une étape décisive dans son parcours professionnel. 

La co-présidente fait un discours lors de la soirée d'anniversaire de l'AFCAPour Amélie de Flaugergues, malgré les avancées, «On est encore loin de la parité.» Photo | MC

Les défis ont changé, mais pas la nécessité du réseau 

Si le contexte a évolué depuis 2006, les défis n’ont pas disparu pour autant. La présence des femmes aux postes de cadres supérieurs a progressé, les modèles féminins sont plus nombreux et les parcours de femmes dirigeantes davantage visibles. Pour autant, certaines difficultés persistent, notamment en matière de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, mais pas que. «On compte davantage de femmes cadres qu’à l’époque, mais on est encore loin de la parité», relève Amélie de Flaugergues. Pour la co-présidente de l’AFCA, l’association conserve donc toute sa pertinence. «Il y a toujours cette volonté, ce besoin de réseau, de facilitation», explique-t-elle. «On voit aussi qu'on a souvent les mêmes doutes, les mêmes problèmes, les mêmes préoccupations», ajoute Sophie Noirjean. Au-delà du partage d’expériences, l’objectif est aussi de permettre aux femmes de trouver des modèles, de développer leur confiance et d’oser franchir certaines étapes de leur parcours professionnel. Comme le relève Sophie Noirjean, côtoyer des femmes occupant des postes à responsabilité permet de comprendre que ces fonctions sont accessibles: «Ça démystifie le statut lié aux fonctions supérieures.» 

Pour répondre à ces besoins, l’association poursuit son évolution. Un programme de mentorat a récemment été mis en place afin d’offrir un accompagnement plus personnalisé aux membres qui le souhaitent. L’AFCA entend également poursuivre ses activités de formation, développer de nouveaux formats comme des podcasts consacrés aux parcours de ses membres et maintenir le dialogue avec la Direction générale des ressources humaines sur les enjeux d’égalité et d’évolution professionnelle. Vingt ans après sa création, l’AFCA continue ainsi de remplir le rôle qui lui avait été confié par ses fondatrices: permettre aux femmes de se rencontrer, de renforcer leurs compétences et de prendre leur place au sein de l’administration cantonale. (CG

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